Au détour d’un shooting

Une journée shooting est souvent l’occasion de travailler sur un thème mais aussi de se laisser porter par le feeling et de laisser un peu de légèreté.

Avec Julie, nous avions fini notre shooting dur et noir et noir en forêt et nous avons ensuite improvisé autour d’une baignoire.

Sourire – Modèle Julie Lamy

Projet Violences aux Femmes

Dimanche 7 Mars, je rencontrais pour la première fois pour ce shoot Mlle Sweet Carolyne. Nous avons passé un moment d’échange et de shoot très intéressant, ouvrant la voie à de belles collaboration dans l’avenir. La série complète sera bientôt visible sur la page dédiée de mon site.

Se cacher un instant, voir plus longtemps. Pouvoir fuir.
Projet Violences aux Femmes
Modèle : @mademoiselle_sweet_carolyne

La femme, son corps, moi et les diktats de mode.

L’image de la femme véhiculée par les magazines de mode puis les émissions de TV et enfin les réseaux sociaux a posé un diktat pérenne de modèles maigres et presque irréels car « photoshopés ». Nous petites filles, adolescentes puis femmes avons vécu en bien ou mal avec cette image parfaite constamment véhiculée. Il est très difficile alors de comprendre pour celles et ceux qui sont dans une « norme » que, quand nous ne sommes pas dans celle-ci, nous sommes stigmatisés par des réflexions, des regards bien souvent portés par des hommes mais encore plus par des femmes qui ne font pas foi de leur « sororité ». Il est pour cela important de montrer à tous, et plus particulièrement aux adolescentes en pleine construction de leur identité, qu’on peut s’aimer tel que l’on est, avec ses défauts et que nous avons toutes des atouts aussi! La diversité est belle. La beauté ne réside d’ailleurs pas que dans l’image d’un corps mais aussi dans une aura, dans la manière de se mouvoir, dans l’expression du visage, la manière de rire, de sourire et enfin de se comporter. La beauté réside ainsi dans le corps ET l’esprit. À contrario, même si les réseaux sociaux véhiculent encore et toujours ce diktat physique, des voix et comptes se sont élevés contre celui-ci. Ici, la parole n’est pas verrouillée par le « mass média » cela est donc plus aisée pour une personne lambda de se positionner, de faire campagne et de rallier l’opinion à sa cause. Le mouvement « bodypositive » naît. Sur Instagram, le « hashtag » #positivebody permet de trouver des photos de femmes ayant confiance en elles et qui se montrent telles qu’elles sont, en s’assumant et en s’aimant, avec petits et grands défauts. Les photographes d’art sont parti prenante de cette cause n’ayant certainement pas l’envie de shooter un stéréotype unique de corps ad vitam aeternam. Ils ont compris que la diversité existe et qu’elle est belle pour cela. Alors, merci à eux. Merci de nous donner une image positive de nous. Nous les femmes qui avons des corps différents, qui avons vécu, qui avons nos marques sur nos corps aussi.

Pour ma part, ma démarche a commencé tard vers mes 45 ans. J’ai toujours été ronde dès l’enfance mais très sportive. Toutes les femmes de ma famille sont rondes. Puis, l’arrêt du sport pour mes études, la prise de la pilule ont précipité le processus. Pourtant j’ai toujours eu une « certaine naïveté » qui m’a permis de glisser et ou de ne pas me laisser atteindre par ces regards. Mais je me souviens toujours de moi avec un certain manque de confiance même si je donne le change. Paradoxe…Le fait de donner le change faisait que certaines personnes me trouvaient très sûre de moi voire même intimidante. Mais j’ai bien compris que MOI je ne me voyais pas telle que je suis vraiment ! Il y a comme un dédoublement entre la manière dont je me perçois et comment je me regarde dans un miroir et comment l’autre me voit. En bref, je ne me reconnais jamais ! Or il fallait, après avoir perdu 17 kg, que je fasse cette démarche de me reconnaitre et par là m’accepter. La question est : puisque je ne me vois pas telle que je suis, comment les gens me perçoivent avec mon physique, quels sont les retours et pourquoi je ne vois pas ce que les autres voient de moi ? Je me lance dans un premier travail sur moi à travers Instagram, selfies et stories. Olivier que je connais me demande alors de poser…

Amo_Cupio modèle. Photo évocation imaginaire.

Projet « Nature et Naturelle »

Ce projet, qui a connu déjà quelques belles séances de partage photographique, est toujours en cours de réalisation. Sa ligne directrice est de montrer la beauté et la diversité des femmes dans un environnement naturelle.

Pourquoi Nature : la nature est diverse, sa beauté diverse, c’est pour moi le plus bel écrin pour mettre en valeur une femme

Pourquoi Naturelle : comme me disait une femme récemment suite à une séance hivernale, l’idée est aussi de changer le regard, en dehors des normes et diktats pour en arriver à s’accepter nue et le montrer.

Nu hivernal – Margot Blouin – Janvier 2021
Nu d’Automne – Mylène – Décembre 2020

L’image de la femme.

Le sujet que j’avais pensé aborder en premier sera finalement remis à plus tard. J’aimerai aborder l’image de soi, en particulier l’image de la femme vis-à-vis d’elle-même, vu du regard d’un homme et d’un photographe (ma passion).

J’ai débuté la photographie de portrait, de lingerie puis de nu au début des années 1990. A cette époque, l’image ne circulait pas aussi rapidement qu’aujourd’hui, sa diffusion était plus confidentielle.

J’ai eu la chance d’avoir un œil, et un relationnel qui m’a permis de shooter des femmes parmi des amies étudiantes, et par le bouche à oreille. De cette époque reste peu de photos (malheureusement des déménagements successifs ont fait que …), mais, dans mon souvenir, j’avais une diversité de morphologies, de poses. Cette époque était beaucoup plus simple (une séance photo en sein nus ne choquait personne sur une plage ou au bord d’un lac). Le rapport des femmes à leur corps, de mon point de vue, était beaucoup plus simple. Elles se voyaient au travers du regard du photographe, de la lumière et de la composition qui le mettaient en valeur. Photoshop n’existait pas, ni l’appareil numérique. L’image restait souvent entre photographe et femme, sauf rares exceptions d’expositions et de participation à un book qui permettait de montrer mon travail. De fait, l’anonymat et la comparaison entre femmes étaient à mon avis beaucoup plus limitée.

Les études finies, le service militaire, le début de la vie active, une vie personnelle laissant moins de temps aux loisirs m’a éloigné de 1996 à 2012 de la photographie de femmes (j’avais toujours mon appareil argentique, et je réalisais toujours de la photo de famille pour les albums de souvenirs).

J’ai véritablement repris en 2012, de quasiment 0, en apprivoisant le numérique et à l’heure d’internet.

Quels changements en 16 ans, une profusion d’images, le début de l’explosion de réseaux sociaux, l’explosion du numérique avait totalement changé la vision du corps de la femme. J’ai depuis constaté. Les femmes cherchaient de plus en plus à s’approcher d’un modèle parfait, inaccessible, totalement artificiel et imagé, issu du monde de la publicité, de la mode et de beaucoup de diktat imposés (épilation, peau lisse, sourire parfait …).

Des premières années de ma reprise en photos de femmes, est ressortie une grande frustration : j’avais l’impression d’être obligé de faire rentrer les femmes dans un moule, de retravailler les photos pour les approcher d’un modèle, d’une norme, d’un absolu.

Ce qui était une impression était une évidence : si je voulais apporter aux femmes en général au travers de la photographie, je devais changer mon regard et mon approche. J’ai donc cherché et trouvé à shooter des femmes du quotidien, avec leur aura, leur beauté, essayer de les aider à se libérer pour faire ressortir ces petits détails qui font d’elles une femme : les marques de vie, le petit défaut qui n’en est pas un, un corps parfaitement imparfait.

A vous mesdames, n’essayez pas ressembler à une autre, soyez-vous, laissez parler votre aura, votre cœur.